S’installer en libéral tient en six étapes : faire enregistrer son diplôme au RPPS, déclarer son activité au guichet unique pour obtenir un SIRET, choisir son statut fiscal, souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle, régler la question de l’adresse, puis ouvrir un compte dédié. Voici l’ordre logique, avec ce qui a changé récemment.

1. L’enregistrement au RPPS
C’est le point qui a bougé, et beaucoup de guides en ligne sont encore périmés dessus. Les ostéopathes s’enregistrent désormais au Répertoire partagé des professionnels de santé, via le portail eRPPS de leur agence régionale de santé. Les psychologues relèvent du même répertoire depuis 2024.
L’ancien répertoire ADELI a été retiré du service. Si une source vous parle encore d’un numéro ADELI à demander, elle n’est plus à jour.
Comptez ce délai dans votre calendrier : l’enregistrement conditionne la suite, et il ne s’obtient pas en vingt-quatre heures. Vérifiez auprès de votre ARS la liste exacte des pièces à fournir.
2. La déclaration d’activité
Toutes les créations d’entreprise passent par le guichet unique électronique. La déclaration alimente ensuite l’URSSAF, l’INSEE et l’administration fiscale, et débouche sur votre numéro SIREN puis votre SIRET.
Le code d’activité qui vous sera attribué dépend de votre profession. Vérifiez qu’il correspond bien à votre exercice réel, car il détermine votre rattachement pour les cotisations.
Votre caisse de retraite est déterminée par votre activité, et non par votre choix. Renseignez-vous auprès de la caisse concernée pour connaître le calendrier des premières échéances, qui suit des règles particulières les deux premières années.
3. Le statut fiscal
Le choix se joue généralement entre le régime micro et la déclaration contrôlée, selon votre niveau de recettes prévisionnel et le poids de vos charges réelles.
Le régime micro applique un abattement forfaitaire, ce qui simplifie la comptabilité, mais ne tient pas compte de vos dépenses réelles. La déclaration contrôlée permet de les déduire, au prix d’une tenue de comptes plus exigeante.
Les plafonds et les taux évoluent régulièrement. Vérifiez les montants en vigueur au moment où vous vous installez plutôt que de reprendre un chiffre lu dans un article ancien.
4. L’assurance responsabilité civile professionnelle
Elle est indispensable, et pour les professions de santé réglementées, elle est obligatoire. Souscrivez-la avant votre première consultation, pas après.
Vérifiez trois points au moment de signer : que votre pratique exacte est couverte, que l’exercice dans un lieu partagé l’est aussi, et quelles sont les limites de garantie. Un contrat rédigé pour un cabinet individuel ne décrit pas toujours correctement une activité en centre partagé.
5. L’adresse professionnelle
Deux notions se confondent souvent, et elles n’ont rien à voir.
Le lieu d’exercice est l’endroit où vous recevez vos patients. Si vous louez un cabinet équipé, ce point est réglé le jour de la signature : le lieu existe, il est prêt, et vous n’avez rien à y installer.
Le siège social ou l’adresse de domiciliation de votre entreprise est une adresse administrative, qui figure sur vos documents officiels. Elle peut être différente de votre lieu d’exercice.
Vérifiez les règles de domiciliation applicables à votre situation, et traitez ces deux démarches séparément.
Un calendrier réaliste
L’ordre des étapes compte autant que leur contenu, parce que certaines conditionnent les suivantes.
L’enregistrement au répertoire arrive en premier et demande le plus de patience. Lancez-le dès que votre diplôme est en main, sans attendre d’avoir trouvé un lieu.
La déclaration d’activité vient ensuite, puis le choix du statut, qui se pose au moment de cette déclaration. L’assurance et le compte bancaire se règlent en quelques jours, à condition de ne pas les repousser à la dernière semaine.
La recherche du lieu peut avancer en parallèle du reste. C’est même recommandé : visiter plusieurs cabinets prend du temps, et un lieu prêt à l’usage vous laisse choisir votre date de démarrage plutôt que de la subir.

Le budget des premiers mois
Trois postes dominent le démarrage, et aucun des trois n’est le loyer.
Vos cotisations sociales, d’abord, avec des règles particulières les deux premières années. Votre assurance ensuite, annuelle. Votre matériel enfin, celui qui appartient à votre pratique et vous suit partout.
Vient après la visibilité : fiches d’annuaire, agenda en ligne, éventuellement un site. Ces dépenses sont modestes comparées à un investissement immobilier, et elles produisent des rendez-vous.
6. Le compte bancaire dédié
Un compte séparé de vos comptes personnels est vivement recommandé dès le départ, et il devient obligatoire au-delà d’un certain niveau de recettes maintenu sur plusieurs années. Vérifiez le seuil en vigueur.
Même en dessous, la séparation vous simplifiera la vie au premier bilan.
Ce que la location d’un cabinet équipé règle pour vous
Une partie de la charge d’installation disparaît si votre lieu d’exercice est un cabinet déjà équipé. Le mobilier est fourni, la salle d’attente et les espaces communs existent, le ménage, le wifi et l’entretien courant sont compris. La conformité du lieu à l’accueil du public est gérée par l’exploitant.
Vous concentrez donc votre budget de départ sur ce qui relève de vous : vos cotisations, votre assurance, votre matériel propre et votre visibilité. Le centre de Berri, dans le 8e, comme les sept autres adresses, fonctionne sur ce principe. Le détail de l’offre liste ce qui est compris.
Questions fréquentes
Prévoyez vos démarches en parallèle de votre recherche de lieu. L’équipe du centre vous indiquera ce qui est demandé à la souscription.
Non. L’enregistrement se fait au RPPS via le portail eRPPS de l’ARS.
Les tarifs varient selon le centre et le rythme. Le détail figure sur la page notre offre.
Une fois vos démarches lancées, il reste à choisir le lieu : réservez une visite.